Depuis l’arrivée de l’ISO/IEC 17020:2026, une question revient dans chaque service qualité d’organisme d’inspection : où est-ce que je tombe maintenant, type A ou type non-A, et qu’est-ce que ça change concrètement pour mon accréditation ? Le terme « non-A » seul signale que vous avez compris une chose : la nomenclature historique A, B, C a vécu. Mais derrière le mot se cache une peur plus sourde, celle du déclassement. Beaucoup de responsables d’ex-bureaux de contrôle internes lisent « non-A » comme « moins bien que A », donc moins crédible, donc moins impartial.
Soyons clairs tout de suite : c’est faux. La nouvelle édition réorganise l’indépendance organisationnelle, pas le niveau d’exigence d’impartialité. Cet article vous donne ce que les pages génériques ne posent jamais nettement : un tableau de migration des anciens types vers les nouveaux, un auto-diagnostic 2026 pour vous situer, et les preuves documentaires que votre accréditeur attendra selon votre type. Focus : la différence type A et type non-A de l’ISO 17020, sans jargon inutile.
Sommaire
Les trois types historiques : rappel express
L’édition 2012 répartissait les organismes d’inspection en trois catégories selon leur degré d’indépendance vis-à-vis des items inspectés. Le type A désignait la tierce partie totalement indépendante : l’inspection était son activité, sans lien commercial avec les produits, installations ou exploitants contrôlés. Le type B correspondait à un service d’inspection interne d’une organisation, inspectant pour le compte de sa maison mère. Le type C recouvrait les organismes qui inspectaient leurs propres produits, ou ceux d’autrui, tout en exerçant d’autres activités potentiellement liées, avec une indépendance dite partielle.
Cette gradation à trois niveaux était lisible, mais elle entretenait une ambiguïté : on confondait facilement le degré d’indépendance organisationnelle avec le degré d’impartialité exigé. C’est précisément cette confusion que l’édition 2026 vient trancher.
La bascule 2026 et le tableau de migration
L’ISO/IEC 17020:2026, publiée le 27 mars 2026, remplace les trois catégories par deux : type A et type non-A. C’est le changement le plus structurant de cette troisième édition, porté par la clause 5.1 « Indépendance ». La logique est simple : soit votre organisme atteint l’indépendance complète de tierce partie, et il est de type A ; soit il ne l’atteint pas pour une raison organisationnelle ou commerciale, et il relève alors du type non-A. Les anciens types B et C ne disparaissent pas dans la nature : ils basculent en non-A.
| Ancien type (2012) | Bascule (2026) | Ce qui change concrètement |
|---|---|---|
| Type A Tierce partie indépendante |
Type A | Catégorie conservée sans changement de substance. L’analyse d’impartialité doit désormais être reliée explicitement à l’approche par les risques de la nouvelle édition. |
| Type B Service d’inspection interne |
Type non-A | La catégorie B est supprimée. L’organisme se reclasse en non-A et conserve les mêmes exigences d’impartialité, à démontrer par la séparation organisationnelle et le registre des liens. |
| Type C Indépendance partielle |
Type non-A | La catégorie C est supprimée et fusionne avec l’ancien B dans le non-A. L’analyse des menaces pesant sur l’impartialité devient le cœur du dossier d’accréditation. |
Le piège, à ce stade, serait de croire que la bascule est purement administrative. Elle a un effet de fond : en réunissant B et C sous une seule étiquette, la norme déplace l’attention de la question « quel type » vers la question « comment je maîtrise mes liens ». Le classement définitif relève d’ailleurs de l’analyse de votre périmètre exact, de vos liens organisationnels, et de la décision de votre accréditeur. Pour situer votre cas dans la transition d’ensemble, voyez la page transition ISO/IEC 17020:2026 et le calendrier COFRAC.
Non-A ne veut pas dire moins impartial
Voici l’idée centrale, et celle que la plupart des pages contournent : les exigences d’impartialité s’appliquent à l’identique en type A et en type non-A. La clause 4.1 « Impartialité » ne connaît pas de version allégée pour les non-A. Un organisme non-A n’a pas le droit d’être « un peu » partial parce qu’il appartient à un groupe industriel. Il doit atteindre exactement le même résultat d’impartialité qu’un type A.
La différence ne porte donc pas sur le niveau d’impartialité, mais sur le chemin pour le démontrer. Le type A part avec une indépendance structurelle : son organigramme suffit largement à établir l’absence de conflit. Le type non-A, lui, vit à l’intérieur d’une organisation qui conçoit, fabrique, installe ou exploite tout ou partie des items inspectés. Il doit donc prouver activement qu’il neutralise ce risque, là où le type A le démontre presque passivement.
Être non-A, ce n’est pas être moins impartial. C’est avoir davantage à documenter pour démontrer la même impartialité.
Concrètement, cela se traduit par une charge de preuve plus lourde, pas par une norme plus indulgente. C’est une nuance que tout responsable qualité d’ex-type B doit intégrer avant sa prochaine évaluation, sous peine de présenter un dossier sous-dimensionné.
Les preuves attendues par type en accréditation
En évaluation d’accréditation, votre type détermine la nature des preuves d’indépendance que l’évaluateur viendra examiner. Voici la lecture opérationnelle, exigence par exigence.
Pour un type A, le dossier reste relativement direct. Il faut démontrer l’absence d’activités incompatibles avec l’inspection tierce partie, tenir à jour une analyse d’impartialité couvrant les relations de l’organisme et de son personnel, et, nouveauté 2026, relier cette analyse à l’approche par les risques de la norme. L’organigramme et les liens capitalistiques servent de socle.
Pour un type non-A, l’évaluateur attend trois familles de preuves supplémentaires. D’abord la séparation organisationnelle : qui rattache l’activité d’inspection à une ligne hiérarchique distincte des activités de conception, production, maintenance ou commercialisation, avec une autorité de décision protégée des pressions internes. Ensuite l’analyse des menaces pesant sur l’impartialité, qui identifie chaque conflit potentiel lié à l’appartenance au groupe et la mesure de maîtrise associée. Enfin le registre des liens organisationnels et commerciaux, qui recense les relations susceptibles d’affecter l’objectivité des inspecteurs.
En pratique, l’écart le plus fréquent dans une démarche d’accréditation type ne porte pas sur l’existence de ces documents, mais sur leur caractère vivant : un registre des liens figé, jamais mis à jour après un changement d’actionnariat ou un nouveau contrat de maintenance, perd toute valeur démonstrative. Si votre organisme doit choisir son positionnement avant l’évaluation, l’article frère sur le reclassement des bureaux de contrôle et le choix du camp A ou non-A détaille la décision stratégique. Et pour replacer le sujet dans l’ensemble du référentiel, le hub ISO/IEC 17020 regroupe tous les articles du cluster.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre type A et type non-A dans l’ISO/IEC 17020:2026 ?
Que deviennent les anciens types B et C de l’ISO/IEC 17020:2012 ?
Être type non-A signifie-t-il être moins impartial ?
Quelles preuves d’indépendance faut-il présenter en accréditation selon le type ?
Le classement type A ou type non-A est-il décidé par l’organisme lui-même ?
Un organisme type non-A peut-il réaliser des inspections réglementaires ?
Auto-diagnostic : type A ou type non-A ?
Avant de figer votre positionnement dans votre dossier d’accréditation, situez-vous avec l’outil ci-dessous. Cochez chaque affirmation qui décrit votre situation réelle, puis lisez l’interprétation. Rappelez-vous le principe : une seule case « non-A » cochée suffit à vous orienter hors du type A.
Pour aller plus loin
Une fois votre type identifié, il faut produire les preuves attendues. Le Kit documentaire ISO/IEC 17020 rassemble 135 documents prêts à personnaliser, dont la politique d’impartialité, l’analyse des menaces et le registre des liens organisationnels, exactement les pièces qu’un organisme de type non-A doit présenter en évaluation d’accréditation.
Sources
ISO/IEC 17020:2026, Conformity assessment – Requirements for bodies performing inspection, 3e édition, Organisation internationale de normalisation, page officielle : iso.org. Clauses citées : 4.1 Impartialité, 5.1 Indépendance (catégorisation type A / type non-A). Dates et cadre de transition issus du pack de faits du cluster MQ ISO/IEC 17020. Exigences réglementaires françaises citées : arrêté du 11 décembre 2007 (ERP et IGH, ascenseurs).



