ISO/IEC 17065

Accréditation ISO 17065 : devenir organisme de certification accrédité (étapes, durée, coût)

Publié le 8 octobre 2026
30 min de lecture
Par Équipe éditoriale MQ

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« L’accréditation ISO 17065, c’est le COFRAC qui certifie notre organisme. » La phrase revient souvent, et elle se comprend : le vocabulaire de l’évaluation de la conformité empile les niveaux. Le texte dit autre chose. L’ISO/IEC 17065:2012 fixe les exigences applicables aux organismes qui certifient des produits, des processus et des services, et son introduction la présente comme un document de critères pour l’accréditation. L’accréditeur ne certifie donc rien : il évalue la compétence et l’impartialité d’un organisme qui, lui, certifie, puis il prononce une accréditation assortie d’une portée.

L’intention est la confiance : la certification vise celle de toutes les parties intéressées, et l’accréditation vérifie que cette confiance est fondée. Cette nuance commande aussi la structure des coûts. Un organisme qui se croit « certifié par le COFRAC » attend une prestation ponctuelle ; il entre en réalité dans un cycle de frais d’instruction, de journées d’évaluation, de redevances et de surveillances. Ce guide reconstitue ce cycle à partir des seuls textes du COFRAC, de BELAC, du SAS et du SCC. Un exemple chiffré, dont on fait varier la taille, sert de fil conducteur, et chaque calcul est signalé comme un calcul MQ d’après le barème publié.

L’accréditeur évalue l’organisme qui certifie, et l’ISO/IEC 17065 lui sert de référentiel

L’article 1 de la norme vise la compétence, le fonctionnement cohérent et l’impartialité de l’organisme de certification. Le texte ne dit rien de l’accréditation : il décrit ce qu’un organisme de certification doit être, et l’accréditeur s’en sert comme grille. L’édition applicable reste celle de 2012, présentée sur la fiche ISO/IEC 17065:2012 du catalogue de l’ISO. Un détail du texte explique une ligne de facture : la clause 7.1.1 impose d’exploiter un ou plusieurs programmes de certification, et la portée se construit programme par programme. Le COFRAC facture donc l’analyse de chaque programme ; ce que l’évaluateur vérifie est détaillé dans notre article sur les exigences de la norme ISO/IEC 17065, clause par clause. À quoi sert l’accréditation pour un organisme établi en France ? Elle ouvre des marchés réservés : l’INAO l’exige pour agréer les certificateurs du bio et du Label Rouge, et les certificateurs Qualiopi sont accrédités ou autorisés par le COFRAC. En Belgique, les organismes de contrôle bio agréés en Wallonie sont accrédités selon la même norme.

Le parcours compte huit étapes, mais seule la Suisse publie la durée de chacune

Le règlement d’accréditation du COFRAC, le CERT REF 05 en révision 19, découpe l’accréditation initiale en cinq temps, de l’instruction de la demande au suivi des écarts. Sa FAQ ajoute l’évaluation d’un audit chez un client de l’organisme, avant la décision de la commission d’accréditation. Avec la surveillance et le renouvellement, on obtient huit étapes, alignées ci-dessous sur ce que l’évaluateur examine et sur les délais publiés. Une case « non publié » signifie que l’accréditeur ne donne pas de chiffre.

Étape Ce que l’évaluateur examine Délai publié
1. Demande Le dossier, les programmes, la portée demandée SAS : 2 à 3 mois jusqu’à la désignation du responsable d’évaluation, hors examen d’accréditabilité
2. Recevabilité La capacité de l’accréditeur à évaluer la portée Non publié ; facturée à part au COFRAC (simple ou approfondie)
3. Évaluation documentaire Accord de certification (4.1.2), structure (5.1.2), mécanisme d’impartialité (5.2.2), compétences (6.1.2) Non publié (COFRAC, BELAC, SCC). SAS : « 1 à 2 années habituellement » jusqu’à la visite préliminaire, puis 4 à 6 mois
4. Évaluation sur site Le fonctionnement réel : revue, décision, enregistrements SAS : au moins 3 mois avec le rapport. Ailleurs : non publié
5. Évaluation d’observation (audit témoin) Une évaluation conduite par l’organisme chez un client COFRAC : dans les 6 mois suivant le mois de l’évaluation du site principal. SCC : témoin programmé dans les 6 mois de l’octroi
6. Décision Le rapport et les réponses aux écarts COFRAC : environ un an de la demande à la décision, hors préparation. BELAC : décision dans les 50 jours ouvrables. SAS : au moins 6 à 8 semaines
7. Surveillance Le maintien des exigences, les changements COFRAC : à 8 mois, puis tous les 12 mois au premier cycle. SAS : annuelle. SCC : tous les 12 mois
8. Renouvellement Une réévaluation complète COFRAC : 4 ans au plus, puis 5 ans. BELAC : 5 ans, demande 9 mois avant le terme. SAS : 5 ans. SCC : 4 ans

La durée que l’on cite d’ordinaire, « environ un an », vient de la FAQ du COFRAC. Le chiffre est officiel, mais partiel. Il porte sur un dossier prêt et exclut la mise en conformité interne, et des évaluations complémentaires peuvent l’allonger. Cette préparation suit son propre calendrier, que nous déroulons livrable par livrable dans notre guide de mise en œuvre d’ISO/IEC 17065. Elle fixe le jour du dépôt, et la durée publiée par l’accréditeur ne commence qu’à ce jour.

Le SAS est le seul des quatre accréditeurs à publier une chronologie chiffrée, dans l’annexe 01 de son document SAS 741. Il compte 2 à 3 mois jusqu’à la désignation du responsable d’évaluation, puis « 1 à 2 années habituellement » jusqu’à la visite préliminaire. Suivent 4 à 6 mois jusqu’aux documents définitifs, au moins 3 mois pour l’évaluation, puis au moins 6 à 8 semaines jusqu’à la décision. La somme des fourchettes publiées donne environ 22 à 38 mois de la demande à la décision (calcul MQ d’après la chronologie publiée). Les deux chiffres ne mesurent pas la même période : la FAQ française exclut la mise en conformité interne, alors que la chronologie suisse couvre aussi les années qui précèdent la visite préliminaire.

Après l’octroi, le calendrier ne dépend plus de l’organisme. Le CERT REF 05 fixe un premier cycle de quatre ans au plus : trois surveillances et une réévaluation espacées de 12 mois, la première à 8 mois. Les cycles suivants durent cinq ans au plus, avec des intervalles de 15 mois et une tolérance de 3 mois. Traduit en mois ci-dessous (calcul MQ d’après le CERT REF 05), le premier cycle compte cinq évaluations en quatre ans, l’initiale comprise, et chaque cycle suivant quatre en cinq ans.

Évaluation Mois après la prise d’effet Règle du CERT REF 05
Évaluation initiale Avant la prise d’effet Décision de la commission d’accréditation
Surveillance S1 Mois 8 Première surveillance 8 mois après la prise d’effet
Surveillance S2 Mois 20 Intervalle de 12 mois au premier cycle
Surveillance S3 Mois 32 Intervalle de 12 mois
Réévaluation Mois 44 Fin du premier cycle, 4 ans au plus
Surveillances S4, S5, S6 Mois 59, 74 et 89 Intervalle de 15 mois aux cycles suivants
Réévaluation suivante Mois 104 Cycle de 5 ans au plus ; tolérance de 3 mois, jamais plus de 15 mois entre deux évaluations

L’accréditation peut aussi prendre fin, et la liste publique du COFRAC le rappelle. Sa page « Suspensions, résiliations et retraits d’accréditation » comptait, au 5 octobre 2026, 18 entrées pour la certification de produits et services. La colonne « État » les répartit en 4 retraits, 3 résiliations pour transfert et 11 résiliations, avec des fins datées de 2022 à 2026. Les motifs ne sont pas publiés, et nous ne nommons aucun organisme ; une suspension a en revanche un coût, que la section suivante détaille.

Le coût français se lit dans deux documents du COFRAC, et seul le devis fixe le nombre de journées

Le COFRAC publie sa tarification dans deux documents, accessibles depuis le site du COFRAC. Le CERT REF 06 « Frais d’accréditation » fixe les règles, et le CERT REF 07 « Tarifs », en révision 15, les montants applicables depuis le 1er janvier 2026. À la demande, l’organisme paie 954 € HT de recevabilité simple, ou 1 091 × (1 + nombre de domaines techniques × 0,25) € HT de recevabilité approfondie, plus 884 € HT par programme analysé. Chaque évaluation est facturée à la journée et par personne : 1 489 € HT pour un responsable d’évaluation ou un évaluateur qualiticien, 1 366 € HT pour un évaluateur ou un expert technique. S’y ajoutent 2 % de frais de préparation et les frais logistiques au réel.

La redevance annuelle des organismes certificateurs de produits suit une formule publiée : une partie fixe de 3 060 € HT, plus trois termes variables. Ce sont 0,256 × partie fixe par domaine technique, 0,044 × partie fixe par équivalent temps plein impliqué, ou ETP, et 179 € HT par site à l’étranger. Rapportée à l’unité, la formule donne 783,36 € HT par domaine et 134,64 € HT par ETP, de sorte qu’un domaine pèse près de six ETP (calcul MQ d’après le barème publié). Elle est majorée de 5 % l’année qui suit une accréditation sur une nouvelle version de la norme.

Point de vigilance : cinq règles du CERT REF 06 qui modifient la facture

Toute demi-journée d’évaluation entamée est due, et une demi-journée sur site est facturée comme une journée complète. Une évaluation en langue étrangère est majorée, d’une demi-journée pour une ou deux journées et d’une journée pour trois ou quatre. Le trajet à l’étranger compte au forfait une demi-journée, plus une autre si l’aller-retour atteint 8 heures. Une annulation à moins de 15 jours rend les frais dus à 100 %, et à 50 % entre le 16e et le 30e jour. La redevance reste due en totalité en cas de suspension ou de réduction de portée : une suspension est une charge, pas une économie.

Les écarts ont aussi un prix. La vérification documentaire de leur traitement coûte 1 276 € HT par domaine et par examen, multipliés par 0,25 pour un écart, 0,5 pour deux ou trois, et jusqu’à 1,25 au-delà de dix. Trois écarts sur un domaine coûtent ainsi 638 € HT d’examen, et onze écarts 1 595 € HT (calcul MQ d’après le barème publié), hors temps interne. Les opérations ponctuelles sont forfaitisées à 1 048 € HT : examen documentaire d’une évaluation particulière, transfert (frais d’instruction en sus), déménagement ou levée d’une suspension volontaire.

Un même organisme décliné en trois tailles montre que la partie fixe pèse d’abord sur les petits

Le exemple chiffré est unique : un organisme de certification de produits qui demande son accréditation initiale au COFRAC. Un seul paramètre varie, sa taille, mesurée par les trois grandeurs du barème : domaines techniques, programmes et ETP. Aucune hypothèse ne porte sur le nombre de journées d’évaluation, qu’aucun accréditeur ne publie. Ce nombre reste une variable N, multipliée par un tarif connu : une journée à un responsable d’évaluation et un expert technique coûte 1 489 × 1,02 + 1 366 × 1,02 = 2 912,10 € HT (calcul MQ d’après le barème publié).

Hypothèses de l’exemple chiffré

Hypothèse 1 : activité ouverte à l’accréditation depuis plus de deux ans, sans supplément d’instruction. Hypothèse 2 : les évaluations se déroulent en français. Hypothèse 3 : montants hors TVA et hors frais logistiques, aux tarifs 2026 du CERT REF 07. Hypothèse 4 : le nombre de journées, N, reste inconnu. Paramètre variable : la taille, avec un site à l’étranger dans le cas 3.

Cas 1 : un domaine technique, un programme et cinq ETP

Dans le cas 1, l’organisme couvre un domaine technique et un programme, avec cinq ETP et aucun site à l’étranger. L’instruction coûte 954 + 884 = 1 838 € HT en recevabilité simple, ou 1 091 × 1,25 + 884 = 2 247,75 € HT en recevabilité approfondie. La redevance vaut 3 060 + (0,256 × 3 060) + (0,044 × 3 060 × 5) = 3 060 + 783,36 + 673,20 = 4 516,56 € HT par an, soit 22 582,80 € HT sur cinq années pleines. La première année, elle n’est due que pour les mois entiers restants, soit 2 258,28 € HT s’il en reste six. La partie fixe en représente 68 %, et la redevance revient à 903,31 € HT par ETP. Chaque journée à deux évaluateurs ajoute 2 912,10 € HT, soit 64 % d’une année de redevance (calculs MQ d’après le barème publié).

Cas 2 : deux domaines, deux programmes et dix ETP

Le cas 2 double la taille : deux domaines, deux programmes, dix ETP, toujours sans site à l’étranger. L’instruction passe à 954 + 2 × 884 = 2 722 € HT en recevabilité simple, ou 1 091 × 1,5 + 1 768 = 3 404,50 € HT en approfondie. La redevance devient 3 060 + 1 566,72 + 1 346,40 = 5 973,12 € HT (calcul MQ d’après le barème publié). La taille double, mais la redevance n’augmente que de 32 % : la partie fixe ne bouge pas, elle ne pèse plus que 51 %, et le coût par ETP tombe à 597,31 € HT. Côté durée, le CERT REF 05 applique le même calendrier quel que soit le nombre de domaines.

Cas 3 : trois domaines, trois programmes, vingt ETP et un site à l’étranger

Le cas 3 quadruple l’effectif du cas 1 et ajoute un site à l’étranger : trois domaines, trois programmes, vingt ETP. L’instruction coûte 954 + 3 × 884 = 3 606 € HT en recevabilité simple, ou 1 091 × 1,75 + 2 652 = 4 561,25 € HT en approfondie. La redevance atteint 3 060 + 2 350,08 + 2 692,80 + 179 = 8 281,88 € HT, soit 414,09 € HT par ETP (calcul MQ d’après le barème publié). Le site étranger ne coûte que 179 € HT de redevance, mais il alourdit chaque évaluation qui le concerne. S’y appliquent le forfait de trajet, la majoration de langue le cas échéant, et 758 € HT de frais d’organisation par homologue si un accréditeur étranger évalue le site. Ces journées n’apparaissent qu’au devis, et la durée publiée reste celle des deux premiers cas.

Poste (€ HT, calcul MQ d’après le CERT REF 07) Cas 1 Cas 2 Cas 3
Domaines / programmes / ETP / sites à l’étranger 1 / 1 / 5 / 0 2 / 2 / 10 / 0 3 / 3 / 20 / 1
Instruction, recevabilité simple 1 838,00 2 722,00 3 606,00
Instruction, recevabilité approfondie 2 247,75 3 404,50 4 561,25
Redevance annuelle 4 516,56 5 973,12 8 281,88
Redevance sur cinq années pleines 22 582,80 29 865,60 41 409,40
Part de la partie fixe dans la redevance 68 % 51 % 37 %
Redevance annuelle par ETP 903,31 597,31 414,09
Journée à deux évaluateurs (responsable + expert), préparation comprise 2 912,10 2 912,10 2 912,10 + trajets
Nombre de journées d’évaluation Non publié (N) Non publié (N) Non publié (N)
Durée publiée de la demande à la décision Environ un an, hors préparation Même durée Même durée

La règle qui se dégage tient en une phrase : le barème est dégressif par ETP, et sa partie fixe pèse d’autant plus que l’organisme est petit. Un organisme de cinq ETP paie plus du double par ETP qu’un organisme de vingt, 903,31 contre 414,09 € HT. L’élargissement ultérieur a aussi son prix : ajouter un programme au cas 1 dès la demande coûte 884 € HT, contre 546 + 884 = 1 430 € HT par une extension simple plus tard, hors journées (calcul MQ d’après le barème publié). Nous recommandons donc de construire la portée initiale avec les programmes que l’organisme exploitera réellement pendant son premier cycle.

Les quatre accréditeurs francophones facturent selon quatre logiques différentes

Comparer la France, la Belgique, la Suisse et le Québec impose d’accepter une asymétrie : chaque accréditeur publie une partie différente de sa tarification. Les francs suisses sont convertis au cours BCE du 2 octobre 2026, soit 1 CHF = 1,0777 EUR. Les montants belges sont les valeurs légales de 2014, indexées chaque 1er janvier, sans valeur 2026 publiée. Le visuel ci-dessous rassemble ce que publient les quatre accréditeurs ; les paragraphes suivants le complètent.

Barèmes d’accréditation ISO/IEC 17065 publiés

Seule la Suisse publie le coût d’un cycle complet ; la France publie une formule, la Belgique un barème légal de 2014, le Canada aucun montant

Ce que chaque accréditeur publie pour accréditer un organisme de certification de produits, de processus et de services. Montants Cofrac hors taxes ; francs suisses convertis au cours BCE du 2 octobre 2026 (1 EUR = 0,9279 CHF) ; tous montants hors frais de déplacement.

Poste COFRAC (France) BELAC (Belgique) SAS (Suisse) SCC (Canada)
Frais de dossier ou d’instruction Recevabilité simple 954 € ou approfondie 1 091 × (1 + 0,25 × domaines) €, plus 884 € par programme analysé ; +217 € si l’activité est ouverte à l’accréditation depuis moins de 2 ans Droit de dossier 635 € par demande, fixe et non récupérable Finance d’inscription 1 500 CHF (1 617 €) ; frais uniques indicatifs avant la première évaluation 9 700 CHF (10 454 €) Non publié (frais de demande non remboursables)
Redevance annuelle Partie fixe 3 060 € + 0,256 × 3 060 × domaines + 0,044 × 3 060 × ETP + 179 € par site à l’étranger ; exemple MQ pour 1 domaine, 5 ETP, aucun site à l’étranger : 4 516,56 € 254 € par type d’évaluation de la conformité, due à partir de l’année civile suivant l’octroi Prime annuelle 3 800 CHF (4 095 €), +500 CHF (539 €) par site supplémentaire ; due intégralement en cas de suspension Non publié
Journée ou heure d’évaluation 1 489 € par jour (évaluateur qualiticien, responsable d’évaluation) ; 1 366 € par jour (évaluateur, expert technique) ; +2 % de frais de préparation 100 € par heure et par personne, jusqu’à 170 € avec une expertise technique spécialisée 235 CHF (253 €) par heure de responsable d’évaluation ; 140 CHF (151 €) par heure de personnel administratif Non publié
Durée du cycle Premier cycle de 4 ans au plus (3 surveillances, S1 à 8 mois puis tous les 12 mois, et une réévaluation) ; cycles suivants de 5 ans au plus (intervalles de 15 mois) Accréditation de 5 ans au plus ; renouvellement demandé au moins 9 mois avant le terme 5 ans au plus, prolongeable après réévaluation 4 ans : 3 surveillances annuelles, réévaluation la 4e année
Coût publié d’un cycle complet Non publié : aucune durée type d’évaluation Non publié : aucune durée type d’évaluation 65 700 CHF (70 805 €) par cycle de 5 ans, hors frais uniques ; premier cycle avec frais uniques : 85 000 CHF (91 605 €) Non publié : devis sur demande
Barème de référence CERT REF 07 révision 15, applicable au 1er janvier 2026 ; montants HT Arrêté royal du 31 janvier 2006, art. 13, montants en vigueur au 1er janvier 2014, indexés chaque 1er janvier OEmol-Acc, état au 1er janvier 2025 ; valeurs indicatives SCESp du 18 février 2025 Structure seule (Accreditation Program Manual, version 17, 2025)

Ce que ça veut dire pour vous : en France et en Belgique, le coût des journées ou heures d’évaluation dépend d’une durée que l’accréditeur ne publie pas ; il ne se chiffre qu’avec un devis. En Suisse, le SAS donne un ordre de grandeur : sur un cycle de 65 700 CHF, les primes annuelles pèsent 29 % et les évaluations, surveillances et audit témoin 71 % (calcul MQ). Au Canada, tout passe par un devis du SCC.

Sources : Cofrac, CERT REF 07 « Tarifs » révision 15 (§ 6.1 à 6.3) et CERT REF 06 « Frais d’accréditation » révision 12, applicables au 1er janvier 2026, CERT REF 05 révision 19 (cycle) ; BELAC, arrêté royal du 31 janvier 2006, art. 7, 9 et 13, modifié par l’arrêté royal du 7 février 2014 ; SAS, ordonnance sur les émoluments OEmol-Acc (RS 946.513.7), état au 1er janvier 2025, « Valeurs indicatives pour estimer les coûts d’une accréditation SCESp » du 18 février 2025, et OAccD art. 15 ; SCC, Accreditation Program Manual version 17 (2025) et CBAP Program Overview version 4 (2026). Taux de change : BCE, cours de référence du 2 octobre 2026, 1 EUR = 0,9279 CHF. Précautions : montants BELAC = valeurs légales de 2014, rattachées à l’indice des prix de décembre 2004 et adaptées chaque 1er janvier, valeurs indexées 2026 non publiées ; valeurs SAS = moyennes arrondies des factures d’avril 2021 à octobre 2024 adaptées aux tarifs 2025, pour 1 expert technique, sans valeurs extrêmes, hors traitement des non-conformités ; exemple Cofrac = calcul MQ par la formule publiée ; grille tarifaire du SCC non publiée (figure dans l’accord d’accréditation). Confiance : Haute pour les montants affichés (sources primaires lues).

Belgique : un barème légal bas et des délais fixés par arrêté royal

En Belgique, le barème de BELAC est fixé par l’article 13 de l’arrêté royal du 31 janvier 2006, modifié en 2014 : 635 € de droit de dossier, 254 € par an et par type d’évaluation de la conformité, des heures d’audit à 100 €, jusqu’à 170 € avec une expertise spécialisée. Pour le cas 1, une journée de 8 heures d’auditeur coûte donc 800 à 1 360 €, et les frais fixes atteignent 635 + 4 × 254 = 1 651 € sur cinq ans, la redevance n’étant due qu’à partir de l’année civile suivant l’octroi (calculs MQ d’après le barème publié). L’arrêté fixe aussi des délais : 15 jours ouvrables pour commenter le rapport, une décision dans les 50 jours ouvrables, un certificat dans les 30 jours ouvrables. L’accréditation vaut cinq ans au plus, et son renouvellement se demande neuf mois avant le terme. La durée totale d’une accréditation initiale, elle, n’est pas publiée.

Suisse : le seul accréditeur qui publie un coût par cycle

En Suisse, l’ordonnance sur les émoluments (OEmol-Acc) fixe 235 CHF de l’heure, soit 253 EUR, pour un responsable d’évaluation, et une prime annuelle de 3 800 CHF, soit 4 095 EUR, pour les organismes de certification de produits. Le SAS publie surtout une fiche de valeurs indicatives pour les SCESp, ses organismes de certification de produits. Pour un organisme évalué avec un expert technique, comme celui du cas 1, la première année additionne 9 700 CHF de frais uniques, 10 900 CHF d’évaluation initiale et la prime, soit 24 400 CHF ou 26 296 EUR (calcul MQ d’après les valeurs publiées). Un cycle de cinq ans coûte 65 700 CHF, soit 70 805 EUR, hors frais uniques. Le premier cycle, frais uniques et surveillance supplémentaire compris, atteint 85 000 CHF, soit 91 605 EUR. L’évaluation initiale ne pèse que 17 % du cycle, contre 29 % pour les surveillances et autant pour les primes.

Québec et Canada : une structure de frais publiée, des montants communiqués sur devis

Au Canada, les organismes de certification de produits sont accrédités par le Conseil canadien des normes (SCC), dans le cadre de son programme CBAP. Son manuel décrit des frais de demande non remboursables, des frais d’évaluation initiale, puis des frais annuels et d’évaluation, selon une grille annexée à l’accord d’accréditation. Aucun montant n’est publié. Le cycle dure quatre ans, avec une surveillance tous les 12 mois, et l’octroi peut être conditionné à un audit témoin programmé dans les 6 mois, faute de quoi l’accréditation est retirée. Au Québec, le CARTV accrédite en outre les certificateurs de l’appellation biologique et des autres appellations réservées, en se référant à l’ISO/IEC 17065:2012.

Les documents de l’accréditeur se lisent avant le dépôt du dossier, au même titre que la norme

Le dossier de demande se prépare avec deux bibliothèques ouvertes. La première, celle de l’accréditeur, dit comment l’évaluation se déroule, ce qu’elle coûte et quels documents internationaux s’appliquent. La seconde est celle de l’organisme, faite des documents que l’ISO/IEC 17065 exige et que l’évaluateur ouvrira pendant l’évaluation documentaire. Le tableau recense la première, version comprise.

Document Émetteur Ce qu’il fixe
CERT REF 05, révision 19 COFRAC Étapes de l’accréditation initiale, cycles, surveillance, évaluation d’observation
CERT REF 06, révision 12 COFRAC Règles de facturation, y compris en suspension et en transition
CERT REF 07, révision 15 COFRAC Montants applicables au 1er janvier 2026
GEN PROC 03 ; GEN CPTA PROC 01 COFRAC Suspensions et retraits ; plafonds des frais logistiques
EA-3/02 M:2026 EA, repris par le COFRAC Portée et observations pour les organismes certifiant AOP, IGP et STG, applicable depuis le 7 juillet 2026
TECH-3-003 (M) ; TECH-3-025 (M) Global ACI Technologies de l’information en évaluation de la conformité ; harmonisation des sanctions
Arrêté royal du 31 janvier 2006 Belgique Procédure, délais et barème de BELAC (articles 7, 9 et 13)
OEmol-Acc ; OAccD ; SAS 741 et son annexe 01 ; valeurs indicatives SCESp Suisse Émoluments, validité, chronologie, coûts indicatifs
Accreditation Program Manual, version 17 ; CBAP Program Overview, version 4 SCC Structure des frais, cycle de quatre ans, audits témoins

Trois documents souvent cités ne s’appliquent pas à la certification de produits : l’IAF MD 1 sur le multisite, l’IAF MD 2 sur le transfert, devenu TECH-3-002 chez Global ACI, et le TECH-3-012 sur les indicateurs. Tous trois visent les systèmes de management, alors que le TECH-3-003, anciennement IAF MD 4, couvre explicitement la certification de produits. Côté organisme, l’évaluation documentaire porte sur les documents que la norme exige explicitement. Voici les principaux, avec leur clause.

Document exigé par l’ISO/IEC 17065 Clause Ce que l’évaluateur y cherche
Accord de certification juridiquement exécutoire 4.1.2 Les onze obligations du client, dont l’accès pour l’évaluation et la présence d’observateurs
Structure organisationnelle documentée 5.1.2 Fonctions, responsabilités, autorités, ligne d’autorité au sein de l’entité juridique
Mécanisme de préservation de l’impartialité 5.2.2 Documentation formelle, représentation équilibrée, accès à l’information
Procédure de gestion des compétences et enregistrements du personnel 6.1.2.1 et 6.1.2.2 Critères par fonction, autorisations, huit rubriques d’enregistrement
Engagement signé de chaque intervenant 6.1.3 Confidentialité, indépendance, déclaration des liens et des conflits d’intérêts
Résultats d’évaluation et recommandation de décision 7.4.9 et 7.5.2 Documentation avant la revue, revue par une personne non impliquée
Processus des réclamations et des appels 7.13.1 Processus documenté, enregistrement et suivi de chaque dossier

La clause sur les observateurs, 4.1.2.2 c), conditionne l’évaluation d’observation : sans elle, l’organisme ne peut pas garantir l’accès à une activité chez un client. Sur le mécanisme d’impartialité, la FAQ 43.9 de l’EA juge peu probable qu’il se réduise à une personne. L’A2LA range le manque d’efforts documentés vers une représentation équilibrée parmi les non-conformités fréquentes. Rien n’oblige à rédiger ces pièces à partir d’une page blanche : notre kit documentaire ISO/IEC 17065, qui réunit 93 documents modifiables, sert de base de départ. Le système de management suit enfin l’option A ou l’option B de l’article 8, et l’option B n’exige pas de certification ISO 9001.

Questions fréquentes

Quelles sont les étapes d’une accréditation ISO 17065 ? ▼
Le CERT REF 05 du COFRAC enchaîne l’instruction de la demande, la recevabilité, l’évaluation, la décision et le suivi des écarts. L’évaluation comprend un examen documentaire, une évaluation sur site et l’observation d’une activité chez un client. Après l’octroi viennent les surveillances, la première à 8 mois, puis la réévaluation. Le tableau des huit étapes, plus haut, donne le délai publié pour chacune.
Combien de temps faut-il pour devenir organisme de certification accrédité ? ▼
Le COFRAC indique environ un an de la demande à la décision, hors mise en conformité interne. Des évaluations complémentaires peuvent allonger ce délai. La chronologie publiée par le SAS totalise environ 22 à 38 mois. BELAC impose une décision dans les 50 jours ouvrables suivant le rapport, et le SCC ne publie aucune durée. L’accréditation COFRAC vaut ensuite quatre ans au plus, puis cinq ans par cycle.
L’accréditation est-elle obligatoire pour certifier des produits ? ▼
La norme ne l’impose pas : elle se présente comme un document de critères pour l’accréditation. L’obligation vient du programme exploité ou de l’autorité qui reconnaît la certification. En France, l’INAO l’exige pour agréer les certificateurs du bio et du Label Rouge, et Qualiopi passe par des organismes accrédités ou autorisés par le COFRAC. Vérifiez d’abord ce qu’exige le programme visé.
À quel moment a lieu l’évaluation d’observation, ou audit témoin ? ▼
L’accréditeur y observe l’organisme pendant qu’il évalue l’un de ses clients. La FAQ du COFRAC la place avant la décision initiale. Le CERT REF 05 permet ensuite de la planifier dans les 6 mois suivant le mois de l’évaluation du site principal. Le SCC peut conditionner l’octroi à un témoin programmé dans les 6 mois. La clause 4.1.2.2 c) impose que l’accord de certification prévoie la présence d’observateurs.
Peut-on élargir la portée après l’accréditation initiale ? ▼
Oui, par une demande d’extension. Le CERT REF 07 la facture 546 € HT en recevabilité simple, ou 763 × (1 + n × 0,25) € HT en approfondie, plus 884 € HT d’analyse par programme. Les journées d’évaluation de l’extension s’y ajoutent au tarif journalier. Un programme inscrit dès la demande initiale ne coûte que ses 884 € HT d’analyse.
Quels documents du COFRAC lire avant de déposer la demande ? ▼
Trois documents de référence décrivent la procédure et la facture. Le CERT REF 05, en révision 19, fixe les étapes et les cycles. Le CERT REF 06, en révision 12, fixe les règles de facturation, y compris en suspension. Le CERT REF 07, en révision 15, donne les montants applicables depuis le 1er janvier 2026. Pour des produits sous AOP, IGP ou STG, l’EA-3/02 M:2026, repris par le COFRAC, ajoute ses règles de portée et d’observation.
Combien d’organismes sont accrédités selon l’ISO/IEC 17065 ? ▼
Le COFRAC comptait 205 organismes de certification accrédités au 31 décembre 2025, toutes normes confondues, sans ventilation par norme. En Suisse, la base du SAS recensait 26 organismes de certification de produits au 5 octobre 2026. Pour la Belgique et le Canada, aucun total n’a pu être compté. L’annexe A de la norme note que l’expertise très spécifique de la certification de produits limite le nombre de personnes qualifiées.

Deux inconnues restent ouvertes, et aucun barème ne permet de les chiffrer

La première inconnue est le nombre de journées d’évaluation. Ni le COFRAC, ni BELAC, ni le SCC ne publient de durée type, et le SAS publie des coûts moyens sans les convertir en jours. C’est pourtant la variable N de l’exemple chiffré, qui multiplie les 2 912,10 € HT d’une journée à deux évaluateurs. Le budget se construit donc en deux temps : les montants fixes, calculables avec le barème, puis les journées, que seul le devis fait connaître. Pour simuler ce second temps sur les quatre pays, utilisez l’estimateur de coût de notre enquête sur le vrai prix de l’accréditation.

La seconde inconnue est la norme elle-même : l’édition 2 de l’ISO/IEC 17065 est au stade du projet final de norme internationale (FDIS), dont le vote a été lancé en août 2026. Aucune publication n’était constatée au 5 octobre 2026, et aucune période de transition n’est fixée. Le CERT REF 06 prévoit de facturer la transition comme une recevabilité d’extension approfondie si elle est documentaire, soit 763 × (1 + 1 × 0,25) = 953,75 € HT pour le cas 1. La redevance de l’année suivante est majorée de 5 %, soit 4 742,39 € HT au lieu de 4 516,56 € HT (calcul MQ d’après le barème publié).

Ces deux points ont une conséquence commune. Le barème chiffre au centime ce qui est fixe, mais les deux postes qui font dériver un budget, les journées et la date de transition, ne sont écrits nulle part. Un organisme qui dépose aujourd’hui sera évalué sur l’édition 2012, puis devra organiser une transition dont ni la date ni l’ampleur ne sont connues. Il gagne à obtenir le devis avant d’arrêter ses propres tarifs, et à prévoir dès maintenant une ligne de transition dans son plan à quatre ans. Le texte de la norme ne dit rien de ces deux sujets, et c’est ce silence, plus que le prix de la journée, qui décide de l’exactitude d’un budget d’accréditation.

Pour aller plus loin

Les documents que l’évaluateur ouvre en premier, accord de certification, mécanisme d’impartialité, gestion des compétences, existent déjà sous forme de modèles à adapter.

Kit documentaire ISO/IEC 17065 de Management Qualité : 93 documents modifiables pour constituer le dossier d’un organisme de certification de produits. Pour préparer l’évaluation exigence par exigence : liste de contrôle d’audit d’accréditation ISO/IEC 17065.

Sources : ISO (ISO/IEC 17065:2012 ; projet ISO/IEC 17065, édition 2), COFRAC (CERT REF 05, révision 19 ; CERT REF 06, révision 12 ; CERT REF 07, révision 15, applicable au 1er janvier 2026 ; FAQ certification ; rapport d’activité 2025 ; liste des suspensions, résiliations et retraits, consultée le 5 octobre 2026), BELAC (arrêté royal du 31 janvier 2006, version consolidée, articles 7, 9 et 13), SAS (OEmol-Acc, RS 946.513.7, état au 1er janvier 2025 ; valeurs indicatives SCESp, 18 février 2025 ; SAS 741, annexe 01, chronologie d’une accréditation initiale ; OAccD, RS 946.512, état au 1er janvier 2025 ; base des organismes accrédités, comptage du 5 octobre 2026), SCC (Accreditation Program Manual, version 17 ; CBAP Program Overview, version 4), Global ACI (documents TECH-3), BCE (cours de référence du 2 octobre 2026).

Article fondé sur les barèmes en vigueur au 1er janvier 2026 et sur les documents consultés le 5 octobre 2026. Montants hors taxes ; calculs MQ d’après les barèmes publiés. Rédigé le 5 octobre 2026.

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Nous écrivons pour Management Qualité sur deux domaines : la sécurité de l'information et les données (ISO/IEC 27001, ISO/IEC 20000, RGPD, ISO 42001, veille NIS2, DORA, AI Act) et l'accréditation des laboratoires et des organismes d'évaluation de la conformité (ISO/IEC 17020, 17021, 17024, 17025, 17034, 17043, 17065, ISO 15189).

Chaque article s'appuie sur le texte des normes et sur des sources primaires, citées en fin d'article.

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