ISO/IEC 17025

Règle de décision et déclaration de conformité ISO 17025 : choisir, calculer et rédiger sans se mettre en risque

Publié le 25 juin 2026
25 min de lecture
Par Laurence
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Règle de décision et déclaration de conformité ISO 17025 : choisir, calculer et rédiger sans se mettre en risque

Une ligne suffit à faire basculer un rapport d’essai du côté du risque juridique : conforme. Prononcer la conformité d’un produit ou d’un instrument, c’est engager la responsabilité du laboratoire sur une frontière, celle de la spécification, alors même que tout résultat de mesure porte une incertitude de mesure. La question n’est donc jamais seulement de savoir si le résultat est dans la limite, mais selon quelle règle de décision ce résultat a été confronté à cette limite. C’est exactement ce que codifie le paragraphe 7.8.6 de l’ISO/IEC 17025:2017.

La plupart des ressources francophones se contentent d’aligner un tableau des règles possibles (6 sigma, 3 sigma, ILAC-G8, ISO 14253-1, acceptation simple) sans jamais relier ce choix à un calcul, puis à une phrase de rapport, puis à un accord client tracé. Cet article suit au contraire le chemin réel de la décision, de bout en bout : choisir la règle, calculer le TUR et la bande de garde, rédiger le verbatim du rapport, et documenter l’accord du client. Chaque étape est ancrée dans une clause précise de la norme et dans les références qui font autorité : l’ILAC-G8:09/2019, l’ISO/IEC Guide 98-4, l’ISO 14253-1 et le GUM.

Le sujet n’a rien d’académique. Pour les laboratoires accrédités en France, la révision 15 du document COFRAC LAB REF 02, applicable au 1er mars 2026, confirme que la déclaration de conformité est rendue sous accréditation dès lors que les conditions sont réunies. Autrement dit, la manière dont vous formulez votre conformité devient un objet d’évaluation à part entière.

Ce que la norme exige vraiment : décision, conformité et risque

Avant de choisir quoi que ce soit, il faut lire la norme dans son texte exact, et non dans sa paraphrase commerciale. Trois clauses se répondent : la définition de la règle de décision au paragraphe 3.7, l’obligation de la définir et de la convenir au paragraphe 7.1.3, et l’obligation de la documenter, de l’appliquer et de la reporter au paragraphe 7.8.6. Comprendre comment ces trois clauses s’articulent, c’est éviter la quasi-totalité des écarts relevés en évaluation sur ce sujet.

La définition normative : §3.7

L’ISO/IEC 17025:2017 définit la règle de décision au paragraphe 3.7 comme une règle qui décrit comment l’incertitude de mesure est prise en compte lorsqu’on déclare la conformité à une exigence spécifiée. La formulation est dense, mais chaque mot compte. Une règle de décision n’est pas un seuil, ni une tolérance, ni une limite : c’est la procédure qui relie le résultat mesuré, son incertitude, et la frontière de conformité. Tant que l’incertitude n’entre pas dans cette équation, il n’y a pas de règle de décision au sens de la norme.

« Règle de décision : règle qui décrit comment l’incertitude de mesure est prise en compte lorsqu’on déclare la conformité à une exigence spécifiée. »
ISO/IEC 17025:2017, paragraphe 3.7

L’obligation centrale : §7.8.6

Le paragraphe 7.8.6.1 pose l’exigence principale. Lorsqu’une déclaration de conformité à une spécification ou à une norme est fournie, le laboratoire doit documenter la règle de décision employée, en tenant compte du niveau de risque (notamment la fausse acceptation, le faux rejet et les hypothèses statistiques) associé à cette règle, puis l’appliquer. Trois verbes structurent donc l’obligation : documenter, tenir compte du risque, appliquer. Aucun n’est optionnel.

Le paragraphe 7.8.6.2 précise ce qui doit figurer au rapport. La déclaration de conformité doit identifier clairement à quels résultats elle s’applique, quelles spécifications ou normes (ou parties de celles-ci) sont respectées ou non respectées, et la règle de décision appliquée, sauf si celle-ci est inhérente à la spécification ou à la norme demandée. Une note renvoie expressément à l’ISO/IEC Guide 98-4 pour les détails de mise en oeuvre. Une déclaration qui dit conforme sans préciser à quoi, ni selon quelle règle, ne satisfait pas le 7.8.6.2.

À retenir

Le §7.8.6 ne se déclenche que si le rapport porte une déclaration de conformité. Rendre un résultat accompagné de son incertitude, sans prononcer conforme ou non conforme, n’oblige pas à formaliser une règle de décision. Mais dès qu’un jugement de conformité apparaît, les trois obligations du §7.8.6.1 s’appliquent intégralement.

Le verrou amont : §7.1.3 et la revue de contrat

La norme ne place pas le choix de la règle uniquement au moment du rapport. Le paragraphe 7.1.3, dans la revue des demandes, appels d’offres et contrats, impose que, lorsque le client demande une déclaration de conformité, la règle de décision soit clairement définie. Et, sauf si elle est inhérente à la spécification ou à la norme demandée, cette règle doit être communiquée au client et convenue avec lui. La décision se prend donc avant les essais, pas après. Les enregistrements de cette revue sont conservés au titre du paragraphe 7.1.8.

Le piège

L’écart le plus fréquemment relevé sur ce sujet n’est pas un calcul d’incertitude faux : c’est l’absence de règle de décision documentée et convenue en amont. Le laboratoire calcule correctement, prononce la conformité, mais ne retrouve aucune trace écrite de la règle appliquée ni de l’accord du client. Le §7.8.6.1 et le §7.1.3 sont alors tous deux en défaut, sur la même prestation.

Une fois ce cadre normatif posé, la suite est une mécanique en quatre temps. Choisir la règle, calculer ce qu’elle implique, l’écrire au rapport, et en garder la preuve d’accord. La première étape commence dès maintenant.

Étape 1 : choisir la règle de décision adaptée à votre cas

Le choix de la règle de décision n’est pas une préférence esthétique : c’est un arbitrage de risque. La première question à se poser n’est même pas technique. Elle est contractuelle : la règle est-elle déjà imposée par un document externe, ou le laboratoire doit-il la définir lui-même ? La réponse oriente tout le reste.

La première bifurcation : règle imposée ou règle à définir

Si la règle est prescrite par le client, un règlement ou une norme produit, le laboratoire n’a pas à conduire une analyse de risque approfondie. La note du paragraphe 7.8.6.1 est explicite sur ce point : lorsque la règle est prescrite par le client, des règlements ou des documents normatifs, une considération supplémentaire du niveau de risque n’est pas nécessaire. Le laboratoire applique la règle imposée, la documente, et l’indique au rapport, sauf si elle est inhérente à la spécification demandée.

Si, au contraire, la règle doit être définie par le laboratoire, alors l’analyse de risque devient obligatoire, et la question suivante prend tout son sens : faut-il déduire l’incertitude de la limite, c’est-à-dire poser une bande de garde, ou prononcer une acceptation simple ?

Les familles de règles et leur logique de risque

L’ILAC-G8:09/2019 et l’ISO 14253-1 décrivent un éventail continu de règles, mais on peut les regrouper en familles selon leur traitement de l’incertitude et selon la partie qu’elles protègent. Le tableau ci-dessous résume cette logique, qui est exactement celle reprise par l’outil interactif placé plus bas.

Famille de règle Traitement de l’incertitude Qui est protégé
Acceptation simple (bande de garde nulle) L’incertitude n’est pas déduite de la limite Aucune partie en particulier ; risque non maîtrisé près de la limite
Bande de garde, acceptation réduite Zone d’acceptation rétrécie d’une garde liée à l’incertitude Le client ou le consommateur (limite la fausse acceptation)
Bande de garde, acceptation élargie Zone d’acceptation étendue au-delà de la limite Le laboratoire ou le producteur (limite le faux rejet)
Risque partagé (objectif TUR 4:1) Bande de garde symétrique, rapport d’incertitude maîtrisé Équilibre entre client et laboratoire

Le sens du décalage de la bande de garde dépend directement de la partie que l’on veut protéger : la rétrécir protège celui qui reçoit la déclaration, l’élargir protège celui qui la prononce. Ce n’est donc pas un détail de calcul, mais une décision de responsabilité, qui doit être assumée et, le plus souvent, partagée avec le client.

Identifier votre cas en trois questions

Pour situer rapidement votre cas et obtenir une formulation de rapport cohérente, l’outil ci-dessous reprend l’arbre de décision en trois questions : la règle est-elle imposée, voulez-vous tenir compte de l’incertitude via une bande de garde, et qui doit être protégé en priorité du risque de fausse décision. Il indique le cas applicable et propose un modèle de phrase à insérer au rapport, à adapter ensuite à votre incertitude réelle et au seuil de risque visé.

OUTIL INTERACTIF MQ
Quelle regle de decision pour votre declaration de conformite ?
Trois questions pour identifier votre cas (§7.8.6) et la formulation a porter au rapport.
Repondez aux trois questions : l'outil indique le cas applicable et un modele de phrase a inserer dans votre rapport d'essai ou d'etalonnage.

Disclaimer : aide a la decision basee sur ILAC-G8:09/2019, ISO/IEC Guide 98-4 et ISO 14253-1. Le choix d'une regle de decision engage votre responsabilite et doit reposer sur une analyse de risque documentee, avec l'accord du client le cas echeant (§7.1.3). Cet outil ne se substitue pas a cette analyse.

L’outil donne une orientation et un verbatim de départ. Il ne dispense ni de l’analyse de risque documentée exigée par le §7.8.6.1, ni du calcul présenté dans l’étape suivante, qui transforme cette orientation en une bande de garde chiffrée.

Étape 2 : calculer le TUR et la bande de garde

Une règle de décision sans calcul reste une intention. Le passage de l’intention au chiffre repose sur deux grandeurs liées : le rapport d’incertitude de mesure, le TUR, et la largeur de la bande de garde qui en découle. Tout commence par l’incertitude elle-même, dont l’évaluation est exigée par le paragraphe 7.6 de la norme.

Le préalable : une incertitude évaluée selon le §7.6

Le paragraphe 7.6.1 impose d’identifier les contributions à l’incertitude de mesure et de prendre en compte, par des méthodes appropriées, toutes celles qui sont significatives, y compris celles issues de l’échantillonnage. Le paragraphe 7.6.2 rend cette évaluation obligatoire pour tout laboratoire effectuant des étalonnages. Le résultat de cette démarche, conduite selon le GUM (ISO/IEC Guide 98-3), est une incertitude élargie U, généralement exprimée avec un facteur d’élargissement k = 2, soit un niveau de confiance d’environ 95 pour cent. C’est cette valeur U qui alimente tout le calcul de la règle de décision.

Définition normative

L’incertitude élargie U est obtenue en multipliant l’incertitude-type composée u par un facteur d’élargissement k. Pour k = 2, l’intervalle [résultat moins U ; résultat plus U] couvre la valeur du mesurande avec une probabilité d’environ 95 pour cent, sous les hypothèses de distribution du GUM. Sans cette valeur U, aucune bande de garde ne peut être justifiée.

Le TUR : combien la tolérance dépasse-t-elle l’incertitude

Le TUR (Test Uncertainty Ratio) mesure le rapport entre l’étendue de la tolérance à vérifier et l’incertitude de mesure. Pour une spécification bilatérale comprise entre une limite basse LSL et une limite haute USL, il se calcule comme la demi-étendue de la tolérance divisée par l’incertitude élargie :

TUR = (USL – LSL) / (2 x U)
U = incertitude élargie (k = 2). Pour une tolérance unilatérale, TUR = (limite – valeur cible) / U.

Un TUR de 4:1 signifie que la demi-tolérance vaut quatre fois l’incertitude élargie. C’est l’objectif couramment retenu en étalonnage industriel, car il laisse une marge suffisante pour prononcer la conformité à risque maîtrisé avec une bande de garde modérée. À l’inverse, plus le TUR est faible, plus l’incertitude consomme la tolérance, et plus la bande de garde nécessaire pour maîtriser le risque devient large, parfois au point de rendre la conformité impossible à prononcer en toute rigueur.

La bande de garde : déplacer la limite de décision

La bande de garde g est la quantité dont on décale la limite de spécification pour fixer la limite d’acceptation. Selon l’ISO 14253-1, une règle protectrice du client retient une zone d’acceptation réduite : la limite d’acceptation est ramenée à l’intérieur de la tolérance d’une valeur g.

Acceptation réduite (protège le client) : AU = USL – g et AL = LSL + g
AU, AL = limites d’acceptation haute et basse. Acceptation élargie (protège le laboratoire) : AU = USL + g et AL = LSL – g.

La valeur de g est un choix de risque, pas une constante universelle. Un choix courant et conservateur consiste à poser g = U : la conformité n’est alors prononcée que si le résultat reste à l’intérieur de la tolérance d’au moins une incertitude élargie, ce qui limite fortement le risque de fausse acceptation au voisinage de la limite. D’autres valeurs sont possibles, plus ou moins strictes, en fonction du niveau de risque cible défini dans l’analyse documentée. La règle d’acceptation simple correspond au cas particulier g = 0.

Le piège

Prononcer une conformité en acceptation simple, c’est-à-dire avec g = 0, n’est pas interdit par la norme. Mais c’est accepter un risque de fausse acceptation qui croît à mesure que le résultat approche la limite, et qui peut devenir majeur quand le résultat tombe juste sous la tolérance. Ce choix doit être conscient, documenté, et porté à la connaissance du client : il ne doit jamais être un oubli de bande de garde.

Une fois le TUR estimé et la bande de garde fixée, la décision est techniquement justifiée. Reste à la traduire en une phrase de rapport qui résiste à la lecture d’un évaluateur. C’est l’objet de l’étape suivante.

Étape 3 : rédiger la déclaration de conformité au rapport

C’est ici que tout le travail technique se condense en quelques lignes lues par le client et par l’évaluateur. Le paragraphe 7.8.6.2 fixe les trois éléments que la déclaration doit identifier clairement : à quels résultats elle s’applique, quelles spécifications ou normes sont respectées ou non, et la règle de décision appliquée. Une formulation qui omet l’un des trois est incomplète au sens de la norme.

Les trois mentions imposées par le §7.8.6.2

La structure minimale d’une déclaration conforme reprend point par point les alinéas a, b et c du paragraphe 7.8.6.2. La règle de décision n’a pas à être répétée si elle est inhérente à la spécification ou à la norme demandée, mais dans tous les autres cas, elle doit apparaître.

Alinéa §7.8.6.2 Mention à porter au rapport
a) résultats concernés Identifier sans ambiguïté à quels résultats la déclaration s’applique (paramètre, échantillon, ligne du rapport)
b) spécification visée Indiquer la spécification, la norme ou la partie de celle-ci respectée ou non respectée
c) règle appliquée Préciser la règle de décision appliquée, sauf si elle est inhérente à la spécification ou à la norme demandée

Trois verbatims prêts à coller

Voici trois formulations couvrant les cas les plus fréquents. Elles sont à adapter à votre incertitude réelle U, à la valeur de bande de garde g retenue et à la spécification exacte ; les valeurs entre crochets sont des emplacements à compléter.

Cas 1 – Bande de garde protégeant le client (acceptation réduite)

« Le résultat [paramètre] est déclaré conforme à [spécification, référence] selon une règle de décision à bande de garde protégeant le client (zone d’acceptation réduite, g = U, niveau de confiance d’environ 95 pour cent, conformément à l’ISO 14253-1). La conformité n’est prononcée que si le résultat se situe à l’intérieur de la limite diminuée de l’incertitude élargie. »

Cas 2 – Risque partagé (objectif TUR 4:1)

« Le résultat [paramètre] est déclaré conforme à [spécification, référence] selon une règle de décision à risque partagé, avec un objectif de TUR de 4:1 et une bande de garde symétrique, conformément à l’ILAC-G8:09/2019. L’incertitude de mesure élargie est U = [valeur, unité]. »

Cas 3 – Acceptation simple (g = 0)

« Le résultat [paramètre] est déclaré conforme à [spécification, référence] selon une règle d’acceptation simple (bande de garde nulle, g = 0). L’incertitude de mesure n’est pas déduite de la limite ; le risque de fausse acceptation n’est pas maîtrisé au voisinage de la limite. Cette règle a été convenue avec le client. »

Le piège

Écrire seulement conforme dans une case, sans préciser la spécification visée ni la règle de décision appliquée, est l’écart de rédaction le plus courant. La déclaration doit pouvoir se lire isolément, sans renvoyer le lecteur à une conversation orale ou à un usage implicite du laboratoire. Les opinions et interprétations relèvent quant à elles du §7.8.7, distinct de la déclaration de conformité.

Pour relier ces déclarations à la chaîne de mesure qui les rend défendables, notamment le raccordement des étalons utilisés, l’article traçabilité métrologique ISO 17025 détaille les voies de raccordement et les preuves attendues. Reste un dernier maillon, sans lequel toute cette rigueur peut être prise en défaut : l’accord du client.

Étape 4 : documenter l’accord du client

Un calcul juste et une phrase de rapport irréprochable ne suffisent pas si la règle de décision n’a pas été convenue avec le client au bon moment. C’est le point que les laboratoires sous-estiment le plus, et celui que les évaluateurs vérifient systématiquement. La norme place cet accord en amont, dans la revue de contrat, pas à la livraison du rapport.

Quand l’accord est-il obligatoire

Le paragraphe 7.1.3 distingue deux situations. Si la règle de décision est inhérente à la spécification ou à la norme demandée, elle n’a pas à être renégociée : elle est déjà portée par le référentiel produit. Dans tous les autres cas, dès que le client demande une déclaration de conformité, la règle retenue doit lui être communiquée et convenue avec lui. L’accord n’est donc pas une formalité optionnelle : c’est une condition de validité de la prestation lorsque la règle n’est pas inhérente.

« Sauf si elle est inhérente à la spécification ou à la norme demandée, la règle de décision retenue doit être communiquée au client et convenue avec lui. »
ISO/IEC 17025:2017, paragraphe 7.1.3 (reformulation)

Quelle trace conserver

Le paragraphe 7.1.8 impose de conserver les enregistrements des revues, y compris des discussions pertinentes avec le client relatives à ses exigences ou aux résultats. Concrètement, l’accord sur la règle de décision peut être tracé dans le devis accepté, un courriel de confirmation, une clause du contrat, ou une fiche de revue de contrat signée. Le support importe moins que la capacité à démontrer, en évaluation, que le client connaissait et avait accepté la règle avant la réalisation des essais.

Clause d’accord type, à intégrer au devis ou au contrat :

« Pour les déclarations de conformité demandées, le laboratoire appliquera la règle de décision suivante : [règle retenue, par exemple bande de garde protégeant le client, g = U]. Cette règle a été communiquée au client, qui en accepte les modalités et le niveau de risque associé, conformément au paragraphe 7.1.3 de l’ISO/IEC 17025:2017. Toute modification fera l’objet d’une nouvelle revue de contrat. »

Ce que change le LAB REF 02 du COFRAC en 2026

Pour les laboratoires accrédités en France, la dimension d’évaluation se renforce. La révision 15 du LAB REF 02, applicable au 1er mars 2026, confirme que la déclaration de conformité et l’interprétation sont rendues sous accréditation dès lors que les conditions sont réunies. En pratique, l’évaluateur attend une chaîne complète et tracée : règle de décision documentée, niveau de risque considéré, accord client conservé, et formulation conforme au §7.8.6.2 sur la portée concernée. Le sujet n’est plus traité à la marge ; il devient un élément structurant de la portée d’accréditation.

À retenir

La chaîne défendable tient en quatre maillons : une règle choisie et documentée, un calcul d’incertitude et de bande de garde, une déclaration de rapport conforme au §7.8.6.2, et un accord client tracé au titre du §7.1.3 et conservé selon le §7.1.8. Aucun maillon ne se substitue à un autre. C’est l’ensemble qui résiste à l’évaluation.

Cette logique de preuve s’inscrit dans l’ensemble des exigences relatives aux processus du chapitre 7. Pour la vue d’ensemble clause par clause, l’article exigences ISO 17025:2017 relatives aux processus replace la déclaration de conformité dans la mécanique complète du référentiel.

Questions fréquentes

Une règle de décision est-elle obligatoire pour chaque rapport ISO 17025 ?
Non. La règle de décision n’est exigée que lorsque le rapport contient une déclaration de conformité à une spécification ou à une norme. Si le laboratoire se contente de rendre un résultat mesuré accompagné de son incertitude, sans prononcer la conformité, le §7.8.6 ne s’applique pas. Dès qu’une phrase du type conforme ou non conforme apparaît, la règle de décision employée doit être documentée et appliquée selon le §7.8.6.1.
Quelle différence entre acceptation simple et bande de garde ?
L’acceptation simple prononce la conformité dès que le résultat mesuré est dans la limite, sans déduire l’incertitude (bande de garde nulle, g = 0). Au voisinage de la limite, le risque de fausse acceptation peut approcher 50 pour cent. La bande de garde retient au contraire une zone d’acceptation réduite ou élargie, décalée de la limite d’une valeur g liée à l’incertitude élargie U, pour maîtriser ce risque selon l’ISO 14253-1 et l’ILAC-G8.
Qu’est-ce que le TUR et quelle valeur viser ?
Le TUR (Test Uncertainty Ratio) est le rapport entre la tolérance à vérifier et l’incertitude de mesure. Pour une spécification bilatérale, il se calcule comme la demi-étendue de la tolérance divisée par l’incertitude élargie U. Une valeur cible de 4:1 est l’usage courant en étalonnage industriel : elle signifie que l’incertitude consomme un quart de la demi-tolérance, ce qui permet une déclaration de conformité à risque maîtrisé sans bande de garde excessive.
Le client doit-il valider la règle de décision ?
Oui, sauf cas particulier. Le §7.1.3 impose que, lorsqu’une déclaration de conformité est demandée, la règle de décision soit clairement définie et, sauf si elle est inhérente à la spécification ou à la norme demandée, communiquée au client et convenue avec lui. Cet accord se prend lors de la revue de contrat, en amont des essais, et doit être conservé comme enregistrement au titre du §7.1.8.
Faut-il refaire une analyse de risque si la règle est imposée par le client ?
Non. La note du §7.8.6.1 précise que lorsque la règle de décision est prescrite par le client, un règlement ou un document normatif, une considération supplémentaire du niveau de risque n’est pas nécessaire. Le laboratoire doit alors documenter et appliquer la règle imposée, et l’indiquer au rapport sauf si elle est inhérente à la spécification demandée (§7.8.6.2).
Quelles références normatives encadrent la règle de décision ?
Le socle est l’ILAC-G8:09/2019, complété par l’ISO/IEC Guide 98-4 cité en note du §7.8.6.2, l’ISO 14253-1 pour les règles de décision en métrologie dimensionnelle, et l’ISO/IEC Guide 98-3 (le GUM) pour le calcul de l’incertitude. En France, le COFRAC encadre le sujet par le document LAB REF 02, dont la révision 15 est applicable au 1er mars 2026.
Que change la révision 15 du LAB REF 02 du COFRAC en 2026 ?
La révision 15 du LAB REF 02, applicable au 1er mars 2026, confirme que la déclaration de conformité et l’interprétation sont rendues sous accréditation dès lors que les conditions sont réunies. Pour les laboratoires accrédités par le COFRAC, cela renforce l’attente d’une règle de décision documentée, tracée et appliquée de manière cohérente sur la portée concernée.

Pour aller plus loin

Formaliser la règle de décision, l’analyse de risque, la clause d’accord client et les modèles de rapport demande des documents prêts à adapter. Le kit documentaire ISO/IEC 17025 de Management Qualité rassemble ces trames et les procédures associées.

Kit documentaire ISO/IEC 17025 – procédures, modèles de rapport et trames de revue de contrat conformes à la version 2017.

Sources : ISO/IEC 17025:2017 (paragraphes 3.7, 7.1.3, 7.1.8, 7.6, 7.8.6, 7.8.7) ; ILAC-G8:09/2019, Guidelines on Decision Rules and Statements of Conformity ; ISO/IEC Guide 98-4 ; ISO 14253-1 ; ISO/IEC Guide 98-3 (GUM) ; COFRAC LAB REF 02 (révision 15, applicable au 1er mars 2026).

Article publié le 24 juin 2026 | Mis à jour le 24 juin 2026


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À propos de l'auteur
Laurence
Consultante qualité certifiée · Management Qualité

Expert systèmes d'accréditation et qualité laboratoire. Ingénieur industriel, Master Management Qualité, spécialisé ISO/IEC 17020, 17025, 17021, 17024, 17065 et ISO 15189. Accompagne organismes d'inspection, laboratoires d'essais et de biologie médicale dans leurs démarches d'accréditation COFRAC.

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