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« Et vous visez quelle version ? » Si vous demandez un devis de certification ISO 9001 cette semaine, c’est la première question qu’un organisme certificateur doit vous poser. S’il ne la pose pas, posez-la ! Depuis le 16 septembre 2026, deux éditions de la norme coexistent, et le choix entre les deux dépend de deux dates : celle de votre audit, et celle à laquelle votre organisme sera accrédité pour la nouvelle édition.
Je vais être directe. Les quatorze pages que j’ai lues avant d’écrire se contredisent : démarrer sous la 2015, viser la 2026 tout de suite, ou ne rien dire. Aucune ne donne les dates du document de transition. Aucune ne compte les jours d’audit. Aucune ne vous apprend à lire le devis qui va arriver dans votre boîte mail.
C’est ce que fait cet article sur la certification ISO 9001 2026. Dirigeant de PME, responsable qualité fraîchement nommé, consultant qui doit trancher pour un client ? Allez, on y va. Les dates viennent de Global ACI, les jours d’audit du tableau QMS 1 d’IAF MD 5, et chaque chiffre porte sa source. Quand je n’ai pas le chiffre (le tarif journalier des organismes, par exemple), je vous le dis et je vous donne la méthode. Promis.
Sommaire
- L’essentiel en trente secondes
- Le parcours de certification en 2026 : sept étapes, un cycle de trois ans
- 2015 ou 2026 ? La décision si vous démarrez aujourd’hui
- Ce que votre premier audit 2026 comportera de nouveau
- Combien de jours d’audit pour votre effectif ? Et comment lire un devis
- Qui peut vous certifier en France, en Belgique, en Suisse, au Québec ?
- Pourquoi se certifier aujourd’hui ? Marchés publics et recherche
- Les pièges que je vois venir
- Questions fréquentes
- Quelle version demander dans votre devis ? L’arbre de décision
L’essentiel en trente secondes
- Le parcours : organisme accrédité, devis, étape 1, étape 2, décision, surveillance annuelle, renouvellement à trois ans. L’ordre ne bouge pas, le contenu oui.
- La version : certification initiale possible sur la 2015 avant le 31 mars 2028 ; sur la 2026 dès que votre organisme a sa décision de transition, au plus tard le 30 septembre 2027 (Global ACI). Tout certificat 2015 expire le 30 septembre 2029.
- Ma règle : étape 2 possible au second semestre 2027 ou après ? Visez la 2026. Avant ? La 2026 si votre organisme a déjà sa décision de transition ; sinon, certifiez-vous sur la 2015 avec un système déjà écrit pour la 2026, puis basculez à la première surveillance.
- Les jours d’audit : 1,5 jour pour 1 à 5 personnes, 10 jours pour 276 à 425 (tableau QMS 1, IAF MD 5). Le tarif journalier, lui, n’est publié nulle part : je vous apprends à lire le devis.
- Qui certifie, et pourquoi maintenant : 34 organismes accrédités COFRAC pour ISO 9001 au 5 octobre 2026 ; 155 avis du BOAMP citant ISO 9001 en 2025 contre 515 en 2015 ; un acheteur peut exiger le certificat de chaque membre d’un groupement (Cour de cassation) ; le Québec l’impose pour ses contrats publics en technologies de l’information.
Le parcours de certification en 2026 : sept étapes, un cycle de trois ans
La version ne change pas l’ordre des étapes. Le cycle est celui que supposent le document Global ACI et les règles de durée d’audit d’IAF MD 5 : audit initial en deux étapes, décision, surveillances, renouvellement à trois ans. Sept étapes, et à chacune je vous dis où la 2026 s’invite.
1. Choisir un organisme accrédité
Pas un consultant, pas une plateforme : un organisme de certification accrédité selon ISO/IEC 17021-1 par l’accréditeur national. COFRAC en France, BELAC en Belgique, SAS en Suisse, Conseil canadien des normes au Canada. C’est l’accréditation qui fait reconnaître votre certificat à Lyon comme à Montréal, par les accords de reconnaissance mutuelle que gère désormais Global ACI, né de la fusion de l’IAF et de l’ILAC. Retenez une chose : en 2027, l’organisme passe lui aussi un examen pour la 2026.
2. La revue de contrat, c’est-à-dire le devis
Vous envoyez effectif, sites, activités, version visée. L’organisme calcule les jours d’audit avec le tableau QMS 1, applique son tarif journalier, ajoute ses frais, et vous renvoie un devis avec un contrat sur trois ans. C’est ici que la version se règle. Pas la veille de l’audit ! Et c’est ici que vous demandez par écrit sa date d’accréditation pour la 2026.
3. L’étape 1 : la revue de votre système
L’auditeur lit votre système : périmètre, processus, politique, objectifs, risques et opportunités, informations documentées exigées par la norme. Il juge si vous êtes prêts pour l’étape 2. Si vous partez d’une feuille blanche, notre kit documentaire ISO 9001 (131 documents) couvre cette liste. Précision pour le devis : les jours du tableau QMS 1 couvrent les deux étapes ensemble.
4. L’étape 2 : l’audit de certification
Sur site, sur le système en fonctionnement. L’auditeur cherche des preuves, pas des intentions : votre audit interne (clause 9.2) et votre revue de direction (clause 9.3) doivent avoir eu lieu, sinon il n’a rien à évaluer. Il relève les écarts, vous répondez par un plan d’actions.
5. La décision
Elle n’appartient pas à l’auditeur : un organisme accrédité sépare celui qui audite de celui qui décide. Le certificat porte la version de la norme, le périmètre, les sites, le numéro d’accréditation. Vérifiez les quatre avant de l’encadrer !
6. Les surveillances annuelles
Une par an, environ un tiers de la durée initiale selon IAF MD 5. Pour ceux qui se certifient sur la 2015 d’ici 2027, c’est le moment naturel de l’audit de transition : le document Global ACI le couple à une surveillance, un renouvellement ou un audit spécial, à distance si les objectifs d’audit sont démontrés. Temps supplémentaire ? « Possiblement », et il peut ne pas être nécessaire pour un audit de système complet. Gardez cette phrase.
7. Le renouvellement à trois ans
Environ deux tiers de la durée initiale, nouveau cycle, nouveau certificat. Sauf s’il porte la mention 2015 : il s’arrête le 30 septembre 2029, quelle que soit la date imprimée dessus. Vous me voyez venir ?
2015 ou 2026 ? La décision si vous démarrez aujourd’hui
Attention, c’est là que ça se corse. La norme ne contient pas le mot « transition » : le calendrier vient du document Global ACI-TECH-3-TR 2029-09-30 (M), version 1.0, émis le 4 septembre 2026, applicable depuis le 16 septembre. Ses délais courent « à compter du dernier jour du mois de publication », le 30 septembre 2026. Cinq dates.
- 31 mars 2027 : les accréditeurs sont prêts à évaluer leurs organismes sur la 2026. Avant, aucun organisme n’a l’obligation d’être accrédité pour la 2026.
- 30 juin 2027 : les organismes remettent leur déclaration de transition. Celui qui renonce doit en avoir informé ses clients par écrit avant cette date.
- 30 septembre 2027 : les accréditeurs ont rendu leurs décisions. Tout organisme qui a joué le jeu peut certifier sur la 2026 ; certains le pourront avant, dès leur propre décision.
- 31 mars 2028 : plus aucune certification initiale sur la 2015.
- 30 septembre 2029 : fin de validité de tous les certificats 2015, même si le cycle court au-delà.
Posez ces dates à côté de votre calendrier. Une PME qui démarre en octobre 2026 arrive à l’étape 2 quelque part en 2027, l’année même où les organismes passent leur examen. Un organisme ne peut délivrer de certificat 2026 qu’après sa propre décision de transition, rendue au plus tard le 30 septembre 2027. Même logique en Europe : l’accréditeur change, pas le document.
La bonne question n’est donc pas « quelle version est la meilleure ? ». C’est : à quelle date pouvez-vous tenir votre étape 2, et votre organisme sera-t-il accrédité pour la 2026 ce jour-là ? Deux variables, un tableau. Les dates sont celles du document ; la lecture est la mienne.
| Date d’étape 2 que vous pouvez tenir | Version possible à cette date | Ce que je ferais | Le piège |
|---|---|---|---|
| Avant le 31 mars 2027 | 2015 seule, en pratique : aucun accréditeur n’est tenu d’être prêt avant cette date | Certifier sur la 2015 avec un système déjà écrit pour la 2026 ; coupler l’audit de transition à la première surveillance | Croire que le certificat vaut trois ans : il s’arrête le 30 septembre 2029 |
| Entre avril et septembre 2027 | 2026 si votre organisme a déjà obtenu sa décision de transition (certains l’auront avant le 30 septembre 2027), sinon 2015 | Demander la date par écrit à deux organismes ; choisir celui qui peut auditer en 2026 à votre date, ou décaler l’étape 2 de quelques mois | Signer avec un organisme qui « prévoit » d’être prêt, sans date |
| D’octobre à décembre 2027 | 2026 chez tout organisme dont la transition est décidée (décisions des accréditeurs au plus tard le 30 septembre 2027) | Viser la 2026, sans hésiter : cycle plein de trois ans | Accepter la 2015 « parce que c’est plus simple » : moins de deux ans de validité utile |
| Entre janvier et mars 2028 | 2026 ; la 2015 reste possible si le certificat est délivré avant le 31 mars 2028, mais il expirerait le 30 septembre 2029 | La 2026, évidemment | Un certificat 2015 payé plein tarif pour dix-huit mois |
| Après le 31 mars 2028 | 2026 obligatoire | Rien à décider, tout à préparer | Un organisme qui n’a pas fait sa transition (il devait vous en informer avant le 30 juin 2027) |
Dans tous les cas, construisez votre système sur l’édition 2026, même si l’audit a lieu sur la 2015. Pourquoi ? Parce que la 2026 reprend la 2015 en la reformulant (quelques mots disparaissent, comme « comprises » en 5.3), plus une poignée de points nouveaux que je détaille juste après. Un système écrit pour la 2026 passe un audit 2015 ; l’inverse vous oblige à rouvrir le registre des risques dix-huit mois plus tard, en payant l’audit de transition.
Et puis il y a la leçon de la transition précédente. De la 2008 à la 2015 : trois ans, fin en septembre 2018. L’ISO Survey a compté 1 058 504 certificats dans le monde en 2017 et 878 620 en 2018, soit 179 884 de moins en un an. Je ne dis pas que la transition explique tout. Je dis que beaucoup ont attendu le dernier audit. Vous êtes toujours avec moi ? Bien. Le calendrier complet pour les entreprises déjà certifiées est dans le guide de la version 2026 et de son calendrier de transition.
Ce que votre premier audit 2026 comportera de nouveau
Si votre audit se fait sur la 2026, l’auditeur aura dans sa grille des points qui n’existaient pas en 2015. Pas cinquante ! J’en compte huit, lus dans le texte publié (sixième édition, 2026-09, édition française). Le détail clause par clause, avec les informations documentées attendues, c’est le guide des exigences ISO 9001:2026. Ici, la version « ce qu’il va vous demander ».
- Contexte (4.1 et 4.2 c) : votre tableau des parties intéressées indique lesquelles de leurs exigences le système traite (nouveau), et votre analyse dit si des enjeux découlent des changements climatiques (exigence ajoutée à la 2015 par l’amendement de 2024, que la 2026 intègre). Une colonne, une phrase.
- Culture de la qualité et comportement éthique (5.1.1 i, 7.3 e) : la direction sait en parler, le personnel en est conscient. Cela se vérifie en entretien ; aucune information documentée n’est exigée.
- Risques et opportunités séparés (6.1.2, 6.1.3) : risques déterminés, analysés, évalués ; opportunités traitées à part, avec leurs actions. La 6.1.3 est le seul nouveau numéro de paragraphe : elle détache de l’ancienne 6.1.2 les opportunités, désormais déterminées, analysées et évaluées pour elles-mêmes.
- Planification des changements (6.3, 5.3 f) : sept points au lieu de quatre, et un rôle élargi : là où la 2015 demandait de préserver l’intégrité du système lors des changements, la 2026 demande de s’assurer « de la continuité et du maintien » du système, changements compris.
- Connaissances (7.1.6) : conservées, appliquées, partagées. Si votre seul expert part demain, que reste-t-il ?
- Communication client (8.2.1 e) : l’alinéa sur les mesures d’urgence existait en 2015 ; il demande désormais d’informer vos clients sur ces mesures, perturbations de fourniture comprises. Par quel canal le faites-vous ?
- Analyse et évaluation (9.1.3 e et f) : l’efficacité des actions face aux risques et celle des actions face aux opportunités s’évaluent séparément.
- Revue de direction (9.3.2 c, g, h) : les changements d’attentes des parties intéressées à l’ordre du jour, risques et opportunités séparés.
Ce que la liste ne contient pas ? Aucun nouveau document obligatoire, aucune politique sur l’intelligence artificielle (le mot n’apparaît pas dans la norme), aucun plan de continuité formel. Les trois quarts de ces points se vérifient en entretien ou dans une colonne ajoutée à un tableau existant. Un consultant qui vous vend une « refonte complète pour la 2026 » n’a pas lu le texte ! Pour une PME qui part de zéro, le plan de construction calé sur ces exigences, c’est le guide de mise en place d’ISO 9001:2026 en dix étapes.
Combien de jours d’audit pour votre effectif ? Et comment lire un devis
Combien coûte l’audit ? Tout le monde pose la question, et la réponse honnête commence par un tableau que peu de gens connaissent. La durée d’un audit ne se négocie pas au doigt mouillé : elle est encadrée par IAF MD 5 (2019, Issue 4, repris par Global ACI sous la référence TECH-3-004), que tout organisme accrédité applique. Son tableau QMS 1 donne les jours d’audit initial, étapes 1 et 2 réunies, selon l’effectif. Jusqu’à 625 personnes ici ; au-delà, il grimpe jusqu’à 22 jours pour 8 501 à 10 700 personnes.
| Effectif | Audit initial, étapes 1 + 2 (jours, tableau QMS 1) | Surveillance annuelle (environ un tiers, calcul MQ) | Renouvellement à trois ans (environ deux tiers, calcul MQ) |
|---|---|---|---|
| 1 à 5 | 1,5 | ≈ 0,5 | ≈ 1,0 |
| 6 à 10 | 2 | ≈ 0,7 | ≈ 1,3 |
| 11 à 15 | 2,5 | ≈ 0,8 | ≈ 1,7 |
| 16 à 25 | 3 | ≈ 1,0 | ≈ 2,0 |
| 26 à 45 | 4 | ≈ 1,3 | ≈ 2,7 |
| 46 à 65 | 5 | ≈ 1,7 | ≈ 3,3 |
| 66 à 85 | 6 | ≈ 2,0 | ≈ 4,0 |
| 86 à 125 | 7 | ≈ 2,3 | ≈ 4,7 |
| 126 à 175 | 8 | ≈ 2,7 | ≈ 5,3 |
| 176 à 275 | 9 | ≈ 3,0 | ≈ 6,0 |
| 276 à 425 | 10 | ≈ 3,3 | ≈ 6,7 |
| 426 à 625 | 11 | ≈ 3,7 | ≈ 7,3 |
Trois règles du même document. La journée d’audit fait normalement huit heures (clause 1.8). Le temps des auditeurs en formation, des observateurs et des experts techniques ne compte pas (clause 3.8). Les réductions sont plafonnées à 30 % (clause 3.9). Deux jours pour 60 personnes ? Ce n’est pas une remise, c’est une sortie du cadre d’accréditation.
Comment lire un devis quand le tarif journalier n’est pas public
Maintenant, le tarif journalier. Je n’en citerai aucun ! Aucun organisme ne le publie : AFNOR Certification, Bureau Veritas, SGS, le BNQ au Québec, tous travaillent sur devis. Un chiffre de ma part serait une estimation sans source. (Petite digression : si les organismes affichaient leur tarif journalier comme les boulangers le prix de la baguette, cet article ferait six cents mots de moins et vous auriez fini votre café. Ils ne le font pas. Fin de la digression.) Un devis se lit donc ligne par ligne :
- Jours d’audit : comparez au tableau QMS 1. Plus ? Justification écrite (sites multiples, processus complexes). Moins de 70 % ? Fuyez.
- Tarif journalier : hors taxes ou non, et ce qu’il inclut (préparation, rapport, revue de la décision).
- Déplacements et hébergement : au réel ou au forfait, pour combien de visites.
- Frais de dossier et de certificat : certains facturent une redevance annuelle d’usage de la marque ; demandez le total sur trois ans.
- Surveillances : chiffrées dans le contrat, pour combien de jours (environ un tiers), à quel tarif ?
- Jours de transition, si vous partez sur la 2015 : le document Global ACI dit « possiblement » et ajoute qu’un temps supplémentaire peut ne pas être nécessaire pour un audit de système complet. Cette phrase vaut de l’argent.
On vous dira que « c’est l’accréditation qui coûte cher ». Faux. En France, la grille CERT REF 07 du COFRAC (révision 15, applicable au 1er janvier 2026) facture à l’organisme une redevance annuelle fixe de 2 603 € HT, plus 16,43 € HT par certificat pour les cent premiers et 8,33 € HT par site. Ce sont ses coûts, pas les vôtres : moins de vingt euros par certificat ! Le prix de votre audit vient des jours et du tarif journalier.
Accompagnement, temps interne, formation ? Pas de fourchette ici non plus. Seul prix public que j’ai vérifié : AFNOR Compétences facture 420 € HT la demi-journée « Norme ISO 9001 v.2026 » et 1 485 € HT les deux jours « comprendre les exigences ». Pour la méthode de chiffrage, ma page sur le coût de la certification ISO 9001 reste valable ; pour la transition pays par pays, c’est l’enquête sur le coût réel de la transition ISO 9001:2026.
Qui peut vous certifier en France, en Belgique, en Suisse, au Québec ?
France : 34 organismes au 5 octobre 2026
Au 5 octobre 2026, d’après notre comptage sur l’annuaire du COFRAC (tools.cofrac.fr), 34 organismes sont accrédités pour certifier ISO 9001, sur 46 organismes accrédités pour la certification de systèmes de management. Deux seulement, AFNOR Certification et Bureau Veritas Certification France, couvrent les 39 codes de secteur ; les autres ont une portée plus étroite, à vérifier secteur par secteur. Le comptage complet, norme par norme, est dans notre page sur les organismes accrédités COFRAC.
Mon niveau de confiance ? Haut : le comptage reprend, organisme par organisme, la famille « Certification selon la norme ISO 9001 » de la recherche avancée de l’annuaire, et le total affiché concorde avec la liste. L’annuaire est vivant : ce chiffre vaut pour le 5 octobre 2026. Le comparateur d’organismes certificateurs du site en présente une sélection sur cinq pays, gratuitement.
Deux pièges de lecture. La liste des « 37 organismes accrédités COFRAC » qui circule concerne Qualiopi (ISO/IEC 17065), pas ISO 9001. Et le COFRAC publie une liste des accréditations suspendues, résiliées, retirées ou restreintes : consultez-la pour votre organisme avant de signer, une accréditation peut bouger entre le devis et l’audit.
Belgique, Suisse, Québec : vérifier plutôt que croire
Pas de liste complète ici, et pas par paresse : au 5 octobre 2026, je n’ai pas pu lire les trois annuaires en entier (la liste BELAC se charge en JavaScript, le filtre de la base suisse renvoie une erreur, le répertoire canadien bloque les robots). Voilà la méthode, et ce que j’ai vérifié.
- Belgique : BELAC (SPF Économie) publie la liste des organismes accrédités « QMS » ; chacun porte un numéro NNN-QMS et un certificat de portée en PDF. J’en ai identifié quatre, sans garantie d’exhaustivité.
- Suisse : le SAS (rattaché au SECO depuis le 1er juillet 2026) tient la base des organismes accrédités ; un certificateur de systèmes de management porte un numéro SCESm. Six identifiés, aucun sur les listes de suspensions et de retraits publiées le 4 septembre 2026.
- Québec : le Conseil canadien des normes accrédite ; le BNQ est l’organisme québécois accrédité pour ISO 9001, sur devis.
Règle commune : le certificat porte le logo et le numéro d’accréditation. Pas de numéro, pas d’accréditation, et un acheteur public le verra avant vous. Pour la 2026, une question de plus : « votre décision de transition d’accréditation est-elle rendue, et à quelle date ? »
Pourquoi se certifier aujourd’hui ? Marchés publics et recherche
Bon, et si vous hésitez encore à vous lancer ? Pas de « dix bonnes raisons » ici. Trois faits sur la commande publique, trois études, et vous décidez.
Marchés publics français : moins d’avis, une jurisprudence nette
J’ai interrogé les données ouvertes du BOAMP, publiées par la DILA : 3 029 avis de marchés publiés depuis 2015 mentionnent « ISO 9001 ». Par année, 515 en 2015, 155 en 2025. Rapporté au total des avis, le taux passe de 0,36 % à 0,11 % (calcul MQ). Divisé par trois en dix ans.
Commande publique française
Les avis du BOAMP citant ISO 9001 ont été divisés par trois entre 2015 et 2025
Nombre d’avis de marchés publics publiés au BOAMP dont le texte contient « ISO 9001 », par année de parution. En 2015, ces avis représentaient 0,36 % de l’ensemble des avis de l’année ; en 2025, 0,11 % (calcul MQ).
Hors graphique : 2026, année incomplète au 5 octobre : 74 avis. Total des avis mentionnant « ISO 9001 » de 2015 au 5 octobre 2026 : 3 029. À titre de comparaison, la même requête avec « ISO 14001 » renvoie 1 531 avis au total.
Source : API données ouvertes du BOAMP (DILA), jeu de données « boamp », requêtes du 5 octobre 2026 : comptage des avis dont le texte contient « ISO 9001 », groupés par année de parution ; même requête sans filtre pour le total annuel des avis publiés (dénominateur : 144 480 en 2015, 137 423 en 2025). Les parts en pourcentage sont un calcul MQ et ne sont pas représentées en barres. Précaution : recherche plein texte sur le contenu de l’avis ; une mention d’ISO 9001 peut être l’objet même du marché (par exemple l’achat d’audits de certification) et non une exigence imposée aux candidats ; le comptage mesure donc la présence de la norme dans les avis, pas le nombre de marchés qui l’exigent. Confiance de la donnée : Haute (données ouvertes officielles ; interprétation à qualifier).
Lecture honnête : une mention n’est pas toujours une exigence (parfois l’objet du marché est l’audit lui-même), et la commande publique française exige ISO 9001 moins qu’il y a dix ans. Mais quand elle l’exige, elle peut le faire durement. Cour de cassation, chambre commerciale, 27 janvier 2021, n° 18-20.783, EDF contre un groupement de 54 déménageurs : si la capacité d’un groupement s’apprécie globalement, rien n’interdit à l’acheteur d’exiger que chaque membre justifie de sa certification ISO 9001 lorsque les spécificités du marché le justifient. Pour une PME qui répond en groupement, cette ligne vaut un contrat.
Québec : obligatoire pour les contrats publics en technologies de l’information
Au Québec, la règle est écrite : les ministères et organismes publics signent leurs contrats de services professionnels en technologies de l’information avec des prestataires détenteurs d’un certificat ISO 9001 dès que le montant atteint le seuil légal (quebec.ca, mise à jour du 28 mai 2026). Si l’exigence réduit trop la concurrence, une marge préférentielle « jusqu’à 10 % » peut être accordée aux entreprises certifiées. Seul des quatre marchés francophones à rendre ISO 9001 obligatoire dans un segment ! La page cite encore la 2015 ; elle devra bouger avant le 30 septembre 2029.
Ce que la recherche mesure
Deux études dans Management Science font référence. Corbett et ses coauteurs (2005) comparent des entreprises américaines certifiées à des groupes de contrôle et observent une performance financière anormalement supérieure trois ans après la première certification. Levine et Toffel (2010) suivent près de 1 000 entreprises californiennes pour mesurer ce que la certification change pour les salariés et les employeurs. Terlaak et King (2006), sur un panel de dix ans, voient les certifiées croître plus vite. Je dis bien « selon ces études » : j’ai lu les notices, pas les articles complets, et une corrélation américaine des années 2000 n’est pas une promesse pour votre PME. Mais c’est le seul matériau sourcé, et il va dans un sens.
Les pièges que je vois venir
Je termine par ce qui m’agace.
- Le certificat non accrédité : un logo, un « registre » privé, pas de numéro. Il ne vaut rien devant un acheteur qui vérifie, et les acheteurs vérifient.
- La « certification ISO 9001:2026 en 48 heures ». Quarante-huit heures ! Le document Global ACI donne jusqu’à six mois aux accréditeurs pour être prêts. Un certificat 2026 délivré en octobre 2026 a toutes les chances de ne pas être accrédité : exigez la référence de la décision de transition de l’organisme.
- L’organisme pas encore accrédité pour la 2026 qui vous fait signer quand même. Il n’est pas malhonnête, il attend. Mais si sa décision n’est pas rendue le jour de votre étape 2, votre certificat sera un 2015. Demandez la date par écrit.
- Le certificat 2015 vendu « pour trois ans » début 2028 : il expire le 30 septembre 2029. Dix-huit mois au prix de trente-six.
- Le devis sans nombre de jours : impossible à comparer au tableau QMS 1. Exigez le détail.
Bref, ai-je encore besoin de vous convaincre que la certification se gagne au moment du devis, pas dans la salle de réunion le jour J ?
Questions fréquentes
Quelle version demander dans votre devis ? L’arbre de décision
L’arbre ci-dessous reprend les cinq dates du document Global ACI et vous pose deux questions : la date à laquelle vous pouvez tenir votre audit initial, avant ou après le 31 mars 2028 notamment, puis l’état d’accréditation de votre organisme. À la fin, il vous dit sur quelle version demander votre devis. Répondez honnêtement sur la date : c’est elle qui décide, pas votre envie !
| Date butoir | Ce qui doit être fait au plus tard à cette date |
|---|---|
| 31 mars 2027 | Les accréditeurs sont prêts à évaluer les organismes certificateurs (OC) sur la 2026 et ont annoncé leur processus de transition. |
| 30 juin 2027 | Les OC ont déposé leur déclaration de transition (Annexe A du document) et leurs pièces. Un OC qui renonce à la 2026 doit en avoir informé ses clients par écrit avant cette date. |
| 30 septembre 2027 | Les accréditeurs ont rendu leurs décisions de transition sur les OC : l'accréditation 2026 de chaque OC est connue. |
| 31 mars 2028 | À partir de cette date, toute certification initiale est délivrée uniquement en version 2026 : plus aucune nouvelle certification ISO 9001:2015. C'est la délivrance du certificat qui compte : étape 2, traitement des écarts et décision doivent être terminés avant. |
| 30 septembre 2029 | Fin de validité de tous les certificats et de toutes les accréditations ISO 9001:2015, même si le cycle de certification court au-delà. |
Disclaimer : cet outil est conçu comme un support d'aide à la décision, et non comme un substitut à un accompagnement personnalisé. Les résultats dépendent de la précision de vos saisies et ne constituent pas un avis professionnel. Il ne garantit aucune certification : la décision appartient à l'organisme certificateur accrédité.
Je pense qu’à présent, vous savez quelle version viser, combien de jours d’audit prévoir et à qui les demander. La certification se décide au devis, les dates du document sous les yeux. À bientôt !
Pour aller plus loin
La documentation que l’auditeur demandera à l’étape 1 existe déjà ; et la liste des organismes accrédités se consulte avant de demander un devis.
Kit documentaire ISO 9001 de Management Qualité : manuel, procédures Word modifiables, enregistrements et formulaires, 131 documents. Pour choisir votre organisme : Comparateur des organismes de certification ISO accrédités, gratuit, une sélection de 27 organismes dans 5 pays francophones.
Sources : ISO (ISO 9001:2026, Systèmes de management de la qualité, Exigences, sixième édition, 2026-09, lue dans l’édition française) ; Global ACI (Global ACI-TECH-3-TR 2029-09-30 (M), Transition requirements for ISO 9001:2026, v1.0, 4 septembre 2026 ; annonce du 16 septembre 2026) ; IAF (IAF MD 5:2019 Issue 4, Version 2, annexe A, tableau QMS 1, repris sous Global ACI TECH-3-004) ; COFRAC (annuaire des portées accréditées, recherche avancée, famille « Certification selon la norme ISO 9001 », comptage Management Qualité du 5 octobre 2026 ; CERT REF 07 révision 15, applicable au 1er janvier 2026 ; liste des accréditations suspendues, résiliées et retirées, à consulter avant de signer) ; DILA (données ouvertes du BOAMP, requêtes du 5 octobre 2026, avis contenant « ISO 9001 » par année de parution et total des avis) ; Cour de cassation, chambre commerciale, 27 janvier 2021, n° 18-20.783 (Légifrance) ; Gouvernement du Québec (Assurance qualité dans les contrats publics, mise à jour du 28 mai 2026) ; BELAC (liste des organismes accrédités QMS) ; SAS (base des organismes accrédités ; listes des accréditations suspendues et retirées du 4 septembre 2026) ; BNQ (certification ISO 9001) ; AFNOR Compétences (Norme ISO 9001 v.2026, réf. N0999 ; réf. C0093, prix lus le 5 octobre 2026) ; Corbett C. J., Montes-Sancho M. J., Kirsch D. A. (Management Science 51(7), 2005) ; Levine D. I., Toffel M. W. (Management Science 56(6), 2010) ; Terlaak A., King A. A. (Journal of Economic Behavior and Organization 60(4), 2006) ; ISO Survey 2017 et 2018, totaux mondiaux de certificats (relais IAF et Oxebridge). Les colonnes « surveillance » et « renouvellement » du tableau des jours d’audit et le taux BOAMP sont des calculs de Management Qualité à partir de ces sources.
Article fondé sur le texte publié le 16 septembre 2026 et sur le document de transition Global ACI du 4 septembre 2026. Rédigé le 5 octobre 2026.



